Mickey

Mickey

Prochainement

- Monstres & Cie (2002)

- Il était une héroïne #6 : Tiana

- Robin des Bois (1973)

- Il était un personnage #11 : Mufasa

- 1001pattes (1998)

- Il était une héroïne #7 : Raiponce

- Hors-série #5 : Spirit, l'étalon des plaines

NB : Le référencement des illustrations est en cours... mais ça risque de prendre un peu de temps !

dimanche 20 mai 2012

La Petite Sirène (1989)


Il était une fois
Ce conte là ne nous vient pas des frères Grimm ou de Charles Perrault mais de Hans Christian Andersen. Il a été publié en 1876 sous le titre La petite sirène et parfois La petite ondine. Ce conte raconte l'histoire d'une princesse des mers. Une belle jeune fille qui possède, à la place des jambes, une queue de poisson - une sirène. Elle est la plus jeune fille du roi des mers et aussi la plus curieuse. Ce qu'elle désire par dessus tout, c'est voir le monde d'en haut, le monde des hommes. La loi autorise les sirènes à aller à la surface seulement à partir du jour où elles ont quinze ans. La petite sirène voit donc toutes ses sœurs s'y rendre avant elle et doit se contenter de leurs compte-rendus en attendant son heure.
Enfin, le jour tant attendu est là et la petite sirène nage jusqu'à la surface. Elle découvre un monde bien différent de tout ce qu'elle connaît et notamment des feux d'artifices. Ceux-là sont tirés d'un bateau sur lequel un jeune prince fête ses seize ans. Mais, une tempête se lève et la petite sirène n'a d'autre choix que de porter secours au prince. Elle le ramène jusqu'au rivage et reste longtemps à ses côtés. Quand il se réveille elle s'éclipse, la tête remplie de questions. Alors elle demande à sa grand-mère si les hommes vivent éternellement comme les sirènes s'ils ne se noient pas. Sa grand-mère lui explique que les sirènes ne vivent pas éternellement mais qu'elles vivent bien plus longtemps que les hommes. La seule différence, ajoute-t-elle, est que si les sirènes se transforment en écume à leur mort, les hommes eux ont une âme éternelle qui leur offre une autre vie après la mort. Très intéressée, la petite sirène désire elle aussi avoir une âme immortelle. C'est alors qu'elle s'en va trouver la sorcière des mers. Celle-ci lui explique qu'elle peut la doter d'une âme immortelle en la faisant devenir humaine. Si son prince l'aime et l'épouse alors la petite sirène aura gagner son âme immortelle. Seulement, il y a un prix à payer. En échange de jambes, la sorcière réclame la voix de la jeune princesse. Dans le même temps, elle la met en garde... D'abord, la transformation sera douloureuse et chaque pas sera une souffrance. Ensuite, si elle échoue alors elle deviendra écume. Le marché passé, la sorcière prend son dû et coupe la langue de la petite sirène qui devient muette.
Devenue humaine, la petite sirène est recueillie par le prince. Mais, malgré tous ses efforts, il l'aime d'un amour fraternel seulement et se languit de celle qui, il le croit, l'a sauvé alors même qu'il est fiancé à la fille du roi voisin. Quand il la rencontre, il reconnaît la jeune fille qu'il recherche et, heureux, décide de l'épouser. La petite sirène est désespérée mais ses sœurs lui viennent en aide. La sorcière des mers leur a donné un couteau avec lequel elle doit tuer le prince afin de retrouver sa queue de poisson et retourner à sa vie de sirène. Incapable d'un tel geste, la petite sirène jette le couteau à l'eau et plonge à sa suite avant de se transformer en écume. Être écume n'est pas comme la petite sirène l'imaginait. Elle se sent légère, très légère et demande où elle se trouve. On lui répond qu'elle se trouve parmi les filles de l'air. Elles non plus, lui disent-elles, n'ont pas une âme immortelle. Mais, elles peuvent en gagner une après trois cent ans de bonnes actions. C'est ainsi qu'après trois siècles, la petite sirène obtint après maints efforts ce qu'elle avait souhaité.

Made in Disney
Les studios Disney ne nous racontent pas tout à fait la même histoire... Tout d'abord, notre petite sirène a un nom, Ariel et elle a un ami proche, un poisson jaune à rayures bleues qu'on appelle Polochon. Son père, le roi Triton, la fait surveiller par son fidèle Sébastien, un crabe chef d'orchestre. Dans la version de Disney, il est interdit à tous de se rendre à la surface. Pour le roi, les humains sont des barbares parce qu'ils mangent du poisson. Trop curieuse, Ariel a depuis longtemps l'habitude de monter voir ce qui se passe au dessus des vagues. Et un jour, elle voit un bateau - le bateau du prince Éric. Comme dans le conte, une tempête se lève et Ariel sauve le prince. Elle est tombée amoureuse au premier regard... De retour sous l'eau, elle est devenue rêveuse et passe la plupart de son temps dans la cachette où elle range tous ses trésors. Là se trouve aussi la statue du prince qui a coulé. Son père la surprend alors à la contempler et, pour lui donner une leçon, détruit la statue et tout les trésors humains qu'Ariel a récolté au fil des années. Folle de chagrin, Ariel se rend chez Ursula, la sorcière des mers. Elle veut des jambes pour aller vivre sur Terre et partager la vie de son prince. En échange de sa voix, la sorcière change sa queue de poisson en jambes et lui donne trois jours. Trois jours avant la fin desquels son prince devra l'avoir embrassée d'un véritable baiser d'amour qui la changera en humaine pour toujours. Si elle échoue, alors la princesse lui appartiendra à jamais. Car la sorcière a un plan derrière la tête et une cible bien précise - la couronne.
Munie de ses jambes, Ariel est recueillie par Éric qui lui offre le gîte et le couvert.
Lorsqu'il la voit, il pense reconnaître la jeune fille à la voix de cristal qui l'a sauvé. Alors, quand il comprend qu'elle ne peut parler, il abandonne cette idée au grand désespoir d'Ariel. Néanmoins les deux jeunes gens se rapprochent et Éric semble sous le charme. Voyant que les évènements se précisent, la sorcière intervient pour empêcher un baiser. Et, comme ils sont passés trop prêts de la catastrophe à son goût, elle métamorphose son apparence de grosse pieuvre en celle d'une jeune fille et porte à son cou le coquillage dans lequel est enfermée la voix d'Ariel. Ainsi parée, elle hypnotise Éric qui souhaite l'épouser au plus vite. Ariel et ses amis font tout pour interrompre le mariage et quand finalement la vérité est révélée et qu'Ariel retrouve sa voix ... il est trop tard. Elle redevient sirène et Ursula l'emmène au fond de l'océan. Bien décidé à ne pas la perdre une seconde fois, Éric nage à son secours et tout deux parviennent à mettre fin au tout jeune règne de la sorcière.
Comprenant que sa fille aime sincèrement Éric et son monde, le roi Triton lui offre de nouvelles jambes et Ariel peut rejoindre son prince sur la plage avant de l'épouser et de dire au revoir au monde sous-marin pour une vie humaine.

Entre air et eau
Pas question de douleurs ou de dissolution en écume chez Disney. La princesse ne veut pas une âme immortelle mais vivre sur Terre : "Un jour viendra, je partirai, je partirai sans aucun regret. Vivre sur Terre, loin de la mer, partir là-bas".
Pas question non plus que le prince en épouse une autre si les studios veulent rester fidèle à leur schéma "Et ils vécurent heureux pour toujours" ! Ainsi donc, la version de Disney s'avère bien différente de celle d'Andersen. Et, et c'est bien là la mission que les studios se sont fixés, le dessin animé parvient à faire rêver les enfants - et les plus grands ! Tout d'abord en leur dépeignant un magnifique monde aquatique et en suggérant que quand l'amour est vrai, tout est possible.

mercredi 2 mai 2012

La Belle au Bois Dormant (1959)

Il était une fois
Encore une fois, les versions de ce conte les plus connues sont celles de Charles Perrault (1697) et des frères Grimm (1812). Des versions plus anciennes sont retrouvées ici et là mais ne sont pas destinées aux enfants comme peuvent l'être celles de Perrault et des Grimm. En effet, Le soleil, la lune et Thalie de l'italien Basile est d'un registre différent qui n'a pas réellement sa place ici, c'est pourquoi je ne l'évoquerai pas.
Si les versions de Perrault et des Grimm, malgré quelques écarts, sont très proches, on trouve de grandes différences en ce qui concerne la fin de l'histoire puisque la version de Perrault se poursuit après le mariage du prince et de la princesse. De la même façon dans les deux contes, et à la manière de Blanche Neige et de Raiponce, l'histoire commence avant la naissance de la princesse. Ses parents, un roi et une reine, désespère d'avoir un jour un enfant. Mais un jour - chez les Grimm, après la prédiction d'une grenouille - la reine tombe enceinte pour finalement donner naissance à une ravissante petite fille. Telle est la joie des parents qu'ils organisent une grande fête pour le baptême de leur enfant. Ils y convient maintes personnes, dont des fées qui devront faire des dons à leur petite fille. Chez Perrault, elles sont au nombre de sept et une huitième s'invite - celle qui condamne la princesse à se piquer le doigt sur une quenouille. Alors, la septième fée qui s'était cachée pour faire son don après la mauvaise fée atténue le maléfice. La princesse ne mourra pas de sa piqure mais tombera dans un profond sommeil de cent ans au terme duquel elle sera réveillée par la venue d'un fils de roi. On retrouve presque le même schéma chez les Grimm, si ce n'est qu'il y a treize fée dont une qui est volontairement laissée de côté par manque de couverts en or. Mais, de même, cette fée maudit la princesse et son sortilège est adouci par la dernière fée qui doit faire un don. Là encore, la princesse dormira cent ans avant d'être éveillée par un prince.
Pour prévenir un tel drame, le roi fait brûler toutes les quenouilles, tous les fuseaux de son royaume sous peine de mort pour celui qui n'obéirait pas. Mais une malédiction ne peut être empêchée si aisément... Alors qu'elle a quinze ans, la jeune princesse se promène dans le château et monte tout en haut d'une tour où elle trouve une vieille dame en train de filer. Ne connaissant pas cet objet, la princesse s'approche et touche le fuseau, tombant instantanément dans un profond sommeil. Chez Perrault, la bonne fée intervient alors pour endormir le reste du château, hormis le roi et la reine, et fait pousser tout autour un épaisse forêt de ronces pour protéger la princesse endormie. Chez les Grimm, le château s'endort avec la princesse sans nouvelle intervention de la fée. Et, de même, une forêt de ronces entoure alors le château où la princesse et sa cour devront dormir cent ans. Le bruit court qu'une belle princesse endormie se trouve dans ce château et bien des princes tentent d'aller la voir et se retrouvent pris au piège des ronces avant de mourir dans d'atroces souffrances.
Puis, après qu'un siècle se fut écoulé, un prince qui chasse près du château se demande ce que sont ces tours qu'il voit au loin. on lui explique alors qu'une légende fait mention d'une belle princesse endormie dans ce château. Le prince décide alors de s'y rendre et comme il est temps pour la princesse de se réveiller, les ronces s'écartent sur son passage et se referment derrière lui. Le prince trouve bien tout le château endormi et monte jusqu'à la chambre où se trouve la princesse. Il est instantanément épris d'elle et elle se réveille, amoureuse elle aussi après les nombreux rêves qu'elle a fait durant son long sommeil. Dans le conte des Grimm le prince la réveille d'un baiser et ils se marient et vivent heureux à jamais mais pour Charles Perrault, l'histoire ne s'arrête pas là...
Pendant deux ans après leur mariage, le prince va toujours voir sa femme en cachette et il lui donne deux beaux enfants : une fille, l'Aurore, puis un garçon, le Jour. Si le prince choisit de garder sa famille secrète c'est parce que sa propre mère est une ogresse et l'on murmure de telles choses sur elle et son appétit qu'il a peur pour ses enfants. Cependant, après deux ans, son père le roi meurt et, prenant alors sa place, il amène officiellement sa famille dans son palais. Ceci ne surprend pas l'ogresse qui soupçonnait quelque chose à force de le voir découcher plusieurs nuits d'affilées. Mais, un jour que le roi part en guerre contre l'empire voisin, la reine ogresse emmène sa belle-fille et ses petits enfants dans une maison dans la forêt. Là-bas, elle demande un soir à son maître d'hôtel de lui servir la petite Aurore à dîner. N'ayant pas le cœur à la tuer, le maître d'hôtel lui sert à la place un agneau. Quand quelques jours plus tard, elle demande à manger le petit Jour, le maître d'hôtel lui sert un chevreau. Enfin, elle demande à manger sa belle-fille et le maître d'hôtel lui sert alors une biche. L'ogresse invente un scénario à raconter à son fils pour expliquer la disparition de sa femme et de ses enfants quand elle les entend parler. Comprenant qu'on s'est joué d'elle, elle demande à ce qu'on amène dans la cour du château une grande cuve dans laquelle on mettra des serpents avant d'y jeter la reine, ses deux enfants ainsi que ceux qui ont voulu la tromper. Mais, le roi rentre alors de guerre et demande à ce qu'on lui explique ce que tout cela signifie. La reine ogresse se jette alors elle-même dans la cuve et est dévorée par les serpents qu'elle y avait mis.

Made in Disney
On se doute bien que Disney va prendre le parti des Grimm et clore le conte après le mariage mais, ce n'est pas tout ce qui caractérise cette adaptation. Disney fait d'autres choix - par exemple, celui de ne représenter que trois fées, auxquelles sont donnés les noms de Flora, Pâquerette et Pimprenelle pour bénir la princesse de leurs dons et une quatrième, Maléfique, qui jette la malédiction sur la princesse. D'ailleurs, Disney fait aussi le choix de nommer la princesse Aurore alors que dans le conte, c'est sa fille qui porte ce nom. Le même choix avait été fait pour le ballet de Tchaïkovski et celui-ci y est bien présent puisqu'une bonne partie de la musique composée pour le ballet rythme le dessin animé. La Belle au Bois Dormant de Disney diffère des contes dont il est issu plus que Blanche Neige  ou Cendrillon ne le font. En effet, si le prologue montrant les dons des fées et la malédiction de Maléfique est assez proche des contes, il diffère tout de même par le fait que le prince est introduit dès le début de l'histoire. En effet, on nous présente le jeune prince Philippe comme le fiancé de la princesse Aurore encore dans son berceau, les deux rois ayant fait cet arrangement pour allier leur royaume.
Plus de libertés sont prises encore par la suite puisque après la malédiction jetée par Maléfique, les trois fées proposent au roi et à la reine d'emmener la petite Aurore dans la forêt pour la protéger de Maléfique. Les souverains acceptent et les trois fées abandonnent leur baguette et leurs ailes pour élever la princesse comme de simples paysannes. Seize années s'écoulent et Aurore, comme prédit par les dons des fées, devient une belle jeune fille à la voix de rossignol. L'histoire reprend donc dans la forêt, le jour des seize ans d'Aurore. Celle-ci ignore tout de son identité et appellent les fées "ses tantes".
Afin de lui confectionner gâteau et cadeau pour son anniversaire, Flora, Pâquerette et Pimprenelle l'envoie chercher des mûres dans la forêt, tout en lui recommandant de ne pas parler aux inconnus. Les trois fées, après s'être rendues compte de leur inefficacité, décident de ressortir leur baguette afin que tout soit prêt pour le retour d'Aurore.

Dans le même temps, nous voyons Maléfique dans son château sur la montagne interdite folle de rage de voir que la princesse n'a toujours pas été retrouvée par ses sbires. Elle envoie son fidèle corbeau en reconnaissance et, survolant la forêt, celui-ci est interpellé par des jets de lumières bleu et rose. Flora et Pimprenelle se battent quant à la couleur de la robe qu'elles vont offrir à Aurore.
Dans la forêt, Aurore se promène et rêve éveillée au prince qu'elle voie dans ses rêves - "Un prince qui est grand, et jeune, et beau ! Et si romantique..."
Elle raconte son rêve à ses petits confidents - les animaux de la forêt. Attendris, ceux-ci volent les bottes, la cape et le chapeau d'un prince qui sèchent non loin de là et reviennent habillés de la sorte pour faire danser Aurore.
Mais le prince les a suivis et, tombant sous le charme de la jeune fille, prend la place des animaux pour conduire Aurore et l'accompagner au chant. Prenant peur, celle-ci s'enfuit. Le jeune homme comprend qu'on lui a défendu de parler aux inconnus mais il lui fait remarquer qu'ils se connaissent puisqu'ils se sont rencontrés au beau milieu d'un rêve ! Après une valse sur cette célèbre chanson, Aurore quitte le prince pour rentrer chez ses tantes et lui demandent de venir la voir le soir même à la petite maison.
Mais, quand elle rentre, une robe de princesse l'attend et son bonheur est vite gâché quand les trois fées lui révèlent sa véritable identité et le fait qu'elle est déjà fiancée au prince Philippe. Ce qu'Aurore ignore c'est que le prince Philippe n'est autre que le jeune homme qu'elle a rencontré dans les bois. Alors, elle retourne dans le château de ses parents la tête basse, désespérée par la perte de son amour. Philippe lui se rend comme convenu à la petite maison dans les bois pour y retrouver Aurore mais il est accueilli par Maléfique, mise au courant par son corbeau de malheur. Elle le fait prisonnier et l'enferme dans son donjon avant d'aller s'occuper du bon fonctionnement de sa malédiction. Hypnotisant Aurore, elle l'attire dans une pièce reculée du château où apparaît une quenouille sur laquelle la princesse se pique avant de tomber dans un profond sommeil.

Les fées endorment alors tout le château et l'une d'elle, en entendant les rois parler, comprend que l'amour de sa protégée et le prince Philippe ne sont qu'une seule et même personne. Elles vont alors tout faire pour secourir le prince des griffes de Maléfique afin qu'il puisse réveiller la princesse endormie.
Philippe va devoir affronter la magie de Maléfique pour réussir et il sera aider dans sa tâche d'une épée et d'un bouclier offert par les trois bonnes fées. Celles-ci l'escorte jusqu'au château de la princesse mais Maléfique plante alors autour une forêt de ronces acérées pour lui barrer la route. Philippe coupe, tranche les troncs et il est presque arrivé quand Maléfique se transforme en dragon et met le feu aux branches. Pris au piège, Philippe est aidé par Flora qui enchante l'épée pour qu'elle frappe Maléfique au cœur et pour que le bien triomphe du mal. Alors quand Philippe lance l'épée, celle-ci s'enfonce dans la poitrine du dragon et la forêt de ronces disparaît pour laisser passer le prince. Il trouve sa princesse endormie tout en haut d'une tour et la réveille d'un baiser avant de la ramener à ses parents qui ne l'ont pas vue depuis seize ans. Ils peuvent alors reprendre leur valse et vivre heureux pour toujours.
Un conte bien réveillé
Aurore est une princesse attachante et, à la voir parcourir la forêt pieds nus en parlant avec des petits animaux pour ramasser des baies, on aurait nous aussi envie de vivre dans cette petite maison dissimulée dans les bois.
Face à elle, Philippe est un prince qui, s'il n'est pas très loquace, est plus actif que ses prédécesseurs de Blanche Neige et de Cendrillon - et, il a un nom ! Il se bat pour sauver Aurore et a un vrai rôle dans l'histoire pas comme le Prince Charmant de Blanche Neige qui n'apparaît qu'au début de l'histoire pour tomber amoureux et à la fin pour réveiller sa princesse. Ou pire encore, comme le prince de Cendrillon qui n'apparaît qu'au bal et ne se déplace même pas pour faire essayer la pantoufle aux jeunes filles du royaume. Il attend dans son palais qu'on lui apporte sa promise !
Il ne faut pas oublier que La Belle au Bois Dormant, si ce n'est pas de beaucoup, est plus jeune que Blanche Neige et les Sept Nains et même que Cendrillon mais c'est bien lui qui marque un tournant dans la représentation des princes dans les dessins animés de Disney puisque à partir de ce moment, ils auront un rôle à part entière dans l'histoire, comme ce sera le cas de Éric dans La Petite Sirène ou encore de la Bête dans La Belle et la Bête.
Quoi qu'il en soit, La Belle au Bois Dormant, est un dessin animé très plaisant à regarder, que ce soit pour ses dessins très stylisés ou encore pour la grande qualité de sa musique de ballet - essentiel pour un dessin animé qui tourne autour d'une valse !

dimanche 29 avril 2012

Cendrillon (1950)


Il était une fois
Les versions de l'histoire de Cendrillon de Charles Perrault et des frères Grimm diffèrent par bien des aspects. Dans les deux versions, Cendrillon est une jeune fille dont le père s'est remarié après la mort de sa première épouse. Sa nouvelle femme et ses deux filles sont des personnes cruelles qui relèguent Cendrillon au rôle de servante dans sa propre maison. Et, puisqu'elle passe ses nuits près de la cheminée dans la cendre, ses deux belles-soeurs lui donnent le surnom de Cendrillon. Dans la version de Perrault, la sœur aînée, plus cruelle que sa cadette, l'appelle Culcendron. Une différence importante, dans la version de Perrault, le père de Cendrillon meurt peu après son remariage alors que dans celle des Grimm, il est présent mais n'est d'aucun secours pour sa fille et la traite avec indifférence. Autre différence de taille, l'origine de l'aide que reçoit Cendrillon. Chez les Grimm, c'est sa mère qui la pare de robes luxueuses sous la forme d'un petit noisetier que Cendrillon a planté sur sa tombe. Chez Perrault, c'est le personnage de la fée marraine qui, grâce à sa baguette magique, transforme une citrouille en carrosse et crée tout un équipage à partir d'animaux trouvés dans la maison et le jardin. Ainsi parée, Cendrillon se rend au bal, où sa belle-mère avait refusé de l'emmener. Là-bas, sa beauté est telle qu'elle rend le prince aveugle à toute autre jeune fille. Il ne danse qu'avec elle, refusant de la laisser à d'autres cavaliers. Mais, à chaque fois, Cendrillon le quitte brusquement pour rentrer avant l'heure où la magie cessera...
Alors, le troisième soir, le prince fait enduire l'escalier de poix pour retenir sa belle inconnue (Grimm). L'une des chaussures de Cendrillon y reste figée et le prince jure d'épouser celle qui pourra enfiler cette petite chaussure. C'est là que les deux contes diffèrent à nouveau grandement. Chez Perrault, les deux sœurs aînée n'arrivent pas à enfiler la chaussure et Cendrillon se propose alors de l'essayer. Elle la passe et sort la deuxième chaussure qu'elle avait conservée. Le prince sait qu'il a enfin retrouvé celle qu'il aime. Les deux sœurs se prosternent alors aux pieds de celle qu'elles traitaient comme une souillon et implorent son pardon. Cendrillon leur accorde de bonne grâce et les emmène même au palais avec elle où elles trouveront à leur tour un mari. Chez les Grimm par contre, tout n'est pas si rose... Déjà, les deux filles se mutilent les pieds pour réussir à enfiler la pantoufle et l'on se rend compte finalement de l'imposture à cause du sang qui en coule. Cendrillon l'enfile alors se révélant être celle recherchée par le prince. Puis lors du mariage, les deux sœurs subissent une deuxième mutilation - des oiseaux leur crèvent les yeux pour les punir de leur méchanceté à l'égard de Cendrillon. On comprendra donc le choix de Disney de préférer Perrault aux Grimm. Le dessin animé ne fait d'ailleurs pas grand cas du sort de la belle-famille après le départ de Cendrillon. Et, si elle ne leur pardonne pas, elles ne sont pas pour autant mutilées de la sorte !

Made in Disney
La version de Disney date de 1950 et se veut une adaptation de la version de Charles Perrault. Cependant, certains éléments sont tout de même empruntés à la version de Jakob et Wilhelm Grimm. Il est vrai que les grandes lignes du dessin animé suivent plutôt le schéma de Charles Perrault en ce que l'héroïne est tout à fait orpheline, elle perd d'abord sa mère puis, après son remariage, son père.Désormais affublée d'une marâtre qui lui en veut d'être plus jolie que ses filles et de deux belles-sœurs, Javotte et Anastasie, qui la traite en servante, Cendrillon passe ses journées à faire ménage, lessive... tout cela en commençant par servir le petit déjeuner au lit à ces dames ! Le dessin animé conserve également le personnage de la fée marraine qui apporte sa touche de magie avec la cultissime chanson "Bibbidi-Bobbidi-Boo". On retrouve la transformation de la citrouille en carrosse et des animaux en équipage. Cependant, ces petits animaux semblent plus être tirés de la version des Grimm dans laquelle Cendrillon appelle des oiseaux à l'aide pour l'aider à terminer ses tâches à temps pour aller au bal. Dans la version de Disney, Cendrillon a bien des amis : des oiseaux, ou encore des souris qu'elle a sauvées de la souricière ou du terrible chat Lucifer. Ainsi, quatre souris - dont Jack et Gus - deviennent de beaux chevaux blancs, Pataud, le chien, devient laquais et, ironiquement, c'est un cheval qui devient cocher ! Et, vêtue de sa magnifique robe blanche, Cendrillon se rend au bal et attire sur elle tout les regards tant elle est belle et élégamment vêtue. Le prince tombe sous son charme et passe toute sa soirée avec elle. Mais, quand vient minuit, Cendrillon doit partir ou le prince verra ses beaux atours se transformer en guenilles. Dans sa hâte, Cendrillon perd sa pantoufle de verre. Celle-ci, c'est le grand duc qui la retrouve et qui sera chargé d'aller la faire essayer à toutes les jeunes filles à marier pour identifier la fiancée du prince. Le grand duc est un personnage ajouté. Il y en a beaucoup - comme par exemple les souris. Mais certains autres, présents dans le conte, ont gagné en ampleur - comme c'est le cas de la marâtre ou encore du père du prince, le roi. Celui-ci devient une ressource comique du dessin animé. En effet, se voyant prendre de l'âge, il souhaite marier son fils afin de pouvoir profiter de ses petits enfants. Il charge donc son ami - alors promu grand duc - d'organiser un bal pour que le prince trouve chaussure à son pied !

De verre ou de vair ?
Chez Perrault, la pantoufle est de verre. Chez les frères Grimm, elle est de vair. Disney a penché pour le verre ! Sans doute plus joli à représenter. De plus, cela colle avec l'image délicate de Cendrillon, qui à la fin l'enfile avec facilité. Cela permet aussi d'insister sur le contraste entre l'héroïne et ses belles-sœurs qui, si elles ne se mutilent pas, ont grand peine à enfiler la chaussure et s'en tordent le pied dans tous les sens ! Et, dans le même temps, cela permet de mettre l'accent sur la malveillance de la marâtre qui, lorsqu'elle se rend compte qu'elle a perdu, fait un croche-pied au valet du grand duc pour qu'il fasse tomber la pantoufle. La fragile chaussure se brise alors en mille morceaux sur le sol. Heureusement, Cendrillon avait conservé la deuxième chaussure et peut ainsi prouver qu'elle est bien celle que le prince recherche.

Après toutes ces années, Cendrillon est toujours l'un des plus populaires dessins animés des studios Disney. Les enfants apprécient tout particulièrement les péripéties des souris Jack et Gus Gus, ainsi que la confection de la robe par tous les petits amis - souris et oiseaux - en culotte courte de Cendrillon pendant que les filles peuvent rêver au prince charmant !


Ici un article sur le dernier Cendrillon de Disney : "Cendrillon trouve chaussure à son pied"