Mickey

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Prochainement

- Monstres & Cie (2002)

- Il était une héroïne #6 : Tiana

- Robin des Bois (1973)

- Il était un personnage #11 : Mufasa

- 1001pattes (1998)

- Il était une héroïne #7 : Raiponce

- Hors-série #5 : Spirit, l'étalon des plaines

NB : Le référencement des illustrations est en cours... mais ça risque de prendre un peu de temps !

mardi 3 mars 2015

Bernard et Bianca (1977)


Il était une fois... S.O.S Société

Margery Sharp commence une série de livres pour enfants en 1959 avec The Rescuers, suivi en 1962 de Miss Bianca, puis de plusieurs tomes intitulés Miss Bianca --ceci ou Bernard --cela, mettant en scène les souris qu'elle a créées dans de nouvelles aventures. Bernard et Bianca travaillent pour la Mouse Prisoner's Aid Society qui œuvre pour la libération de prisonniers à travers le monde. Si les studios ont conservé le titre The Rescuers, c'est plutôt le deuxième roman Miss Bianca qui leur sert de base, bien que Bernard n'y ait qu'un rôle mineur. Le roman raconte l'histoire de la libération d'une petite fille nommée Patience qui a été kidnappée et qui est retenue par une horrible duchesse dans sa demeure, le Palais de Diamant. Patience est la dernière d'une longue liste d'enfants qui, comme elle, ont été kidnappés et utilisés comme esclaves avant d'être tués, il faut croire. Mais bien des obstacles se dressent entre Bianca et Patience, à commencer par les deux énormes chiens de chasse de la duchesse ! Plus que ces molosses, la duchesse a à son service un majordome au passé douteux qui la seconde dans ses crimes. Miss Bianca ira de rebondissements en rebondissements pour mener sa mission à bien mais tout finira par s'arranger !
Made in Disney
Dans le dessins animé, la petite Penny envoie un S.O.S dans une bouteille qu'elle lance à la mer. Le message arrive jusqu'à la S.O.S Société, une association de souris se réunissant dans les locaux des Nations Unies pour porter secours aux enfants en difficulté dans le monde. Représentant la Hongrie, Miss Bianca, belle petite souris blanche se propose pour la mission et choisit Bernard, le concierge, pour l'accompagner. Pris de court, ce dernier accepte mais n'est guère rassuré - l'aventure n'est pas son domaine ! Les deux souris ne traînent pas et se rendent directement à l'orphelinat où se trouvait Penny. Ils y rencontrent le chat Rufus qui était l'ami de Penny et qui leur raconte ce que lui disait Penny, les menant sur la piste d'une certaine Medusa. Bernard et Bianca sont témoins d'une conversation téléphonique de Medusa, confirmant qu'elle détient Penny dans le Bayou du Diable. Ils tentent de s'infiltrer dans ses bagages mais échouent devant alors se tourner vers Albatros airlines pour faire le voyage !
Pendant ce temps dans le Bayou du Diable, Penny tente de s'échapper des griffes de Médusa et son sbire, Snoops. Bien vite, les deux compères se rendent compte de son absence et lancent les crocodiles apprivoisés de Médusa, Néron et Brutus, à ses trousses pour la ramener - ce qu'ils ne tardent pas de faire. Penny se voit forcer de capituler et promet à Médusa qu'elle essaiera à nouveau de récupérer l’Œil du Diable, le diamant que Médusa désire, si celle-ci s'engage à la ramener à l'orphelinat ensuite. Témoins de la scène, Bernard et Bianca infiltrent le bateau pour venir en aide à Penny. Ils l'accompagnent donc dans la grotte qui renferme le diamant pour l'aider à chercher et finissent par le trouver dans un crâne  au fond de la grotte.
De retour dans le bayou, Médusa s'est moqué de tous. Elle ne compte pas honorer sa promesse à Penny, encore moins partager avec Snoops alors c'est la rébellion ! De son côté, la libellule Evinrude, qui avait amener Bernard et Bianca jusqu'au bateau de Médusa, a prévenu les animaux du bayou de ce qui se passe pour qu'ils viennent aider Penny et les souris. Le plan de Bernard et Bianca pour enfermer les crocodiles dans le monte charge a fonctionné : un problème en moins ! Enfin, ça dépend pour qui car ils finissent par ressortir quand le bateau explose avec les fusées d'artifice et Médusa se retrouve perchée sur l'une des cheminées, les deux crocodiles attendant en bas en claquant des mâchoires ! Quant à Penny, elle peut donc s'enfuir sur le scooter de Médusa, le diamant caché dans son ours en peluche, Teddy !
Finalement, par les informations télévisées, on apprend que le diamant a trouvé sa place dans un musée, que Penny a trouvé un foyer et avec elle, Rufus le chat de l'orphelinat. Les souris de S.O.S Société sont fières de cet exploit et Bianca n'a qu'une hâte repartir en mission avec Bernard !

Une souris blanche qui courait dans le bayou...
Bernard et Bianca est une agréable aventure pleine d'humour et de personnages savoureux et attachants. Les deux petits héros déjà qui forment un duo improbable mais qui fonctionne. Bernard est le concierge de S.O.S Société. A priori, rien ne le destinait à aller sur le terrain et il n'est pas particulièrement rassuré ! D'un naturel peureux, il sursaute au moindre bruit mais n'hésite pourtant pas à s'exposer au danger et montre son courage en participant activement à l'enquête malgré ses nombreuses peurs. Bianca elle est bien plus intrépide. Elle aurait presque un côté insouciant car au début, la peur ne semble pas l'atteindre, seule compte l'excitation de la mission. Mais elle prend ses devoirs au sérieux et met tout en œuvre pour retrouver Penny. En fin de compte, Bernard et Bianca se complètent et forment un duo équilibré.
N'oublions pas les deux pilotes de choc du dessin animé ! Nous avons un albatros loufoque pour les vols long courrier, Orvil, et la libellule Evinrude qui fait office de moteur pour la feuille qui sert de barque à Bernard et Bianca pour rejoindre le bateau de Médusa !
Le dessin animé propose aussi une méchante assez collector dans le look ! Le nom choisi est déjà significatif puisque c'est un clin d’œil à la gorgone de la mythologie. Le maquillage criard, la démarche ultra chaloupée ! Et pour la touche de ridicule, elle a pour animaux de compagnie deux crocodiles mais grimpe au plafond à la vu de deux souris ! La façon dont Médusa enlève ses faux-cils avant de se démaquiller m'a longtemps perturbée quand j'étais petite fille ! Elle semble se démaquiller comme un reptile changerait de peau. Médusa est une sorte de dragon. Elle ne communique qu'en hurlant et fulminant et si elle est calme c'est qu'elle essaye de soutirer des faveurs ou qu'une menace couve... Mais elle n'est pas le seul monstre de l'histoire puisqu'elle est accompagnée de deux crocodiles. Sans surprise, ils sont -avec les occasionnelles chauves-souris- les seuls animaux non doués de parole dans le dessin animé. Ils ne sont que des bêtes sans sentiments, des monstres à l'inverse de Bernard et Bianca, Rufus ou encore des petits habitants du bayou. Evinrude non plus ne parle pas mais il communique en mimant, rappelant le nain Simplet.

dimanche 28 décembre 2014

ll était un personnage #6 : Tiny Tim


Il était une fois
Deux siècles plus tôt, en 1843, Charles Dickens écrivait son célèbre conte de Noël mettant en scène Ebenezer Scrooge et ses rencontres fantomatiques. Prévenu par son ancien associé, Jacob Marley, de la visite de trois esprits, Scrooge va devoir remettre en question sa façon de vivre. Il est confronté à des images de Noël passés, présents et à venir, à la vie de son employé Bob Cratchit et sa famille. Le petit Tiny Tim est malade et marche avec une béquille mais Bob ne gagne pas assez pour le faire soigner... Quand vient le tour de l'esprit du Noël futur, Tiny Tim est mort et Scrooge est bouleversé. Il veut changer. Et lorsqu'il se réveille le matin de Noël, il met ses bonnes résolutions en action - Bob sera augmenté, Tiny Tim vivra et Scrooge sera pour lui comme un second père.

Made in Disney
C'est en 1983 que les studios Disney s'approprient l'histoire dans le Noël de Mickey. Scrooge est incarné par Picsou et les Cratchit par Mickey, Minnie et des mini-Mickeys ! Tiny Tim est si minuscule qu'on ne peut que s'attendri devant le personnage. Il n'y a presque à rien à manger sur la table mais il est reconnaissant d'avoir un pareil repas et remercie même Scrooge, inconscient du fait que, dans son avarice, il exploite son père. Là aussi quand Bob "Mickey" Cratchit dépose la petite béquille sur la tombe de Tiny Tim dans la sombre vision du futur, Scrooge veut altérer cet avenir.

Froid aux mains, chaud au cœur
Tiny Tim est loin d'être le personnage principal du conte de Dickens ou du dessin animé de Disney mais il est de loin l'un des plus marquants. La vision de son Noël présent, de son futur potentiel et du lien entre Scrooge et sa condition sont des éléments essentiels dans le changement d'attitude de Scrooge. Plus que pour sauver son âme, Scrooge change son attitude, envers les autres en général, et Cratchit en particulier, pour que Tim ait sa chance.
De plus, Tiny Tim est particulièrement attachant car il ne possède que peu de choses, mais il se satisfait de sa situation avec philosophie, en est même reconnaissant. Il est plein de générosité malgré sa pauvreté et il fait du bougon Scrooge un Père Noël - c'est le miracle de Noël de Dickens !

Le saviez-vous ?
Les écrivains victoriens, et notamment Dickens, furent a posteriori accusés de faire preuve de bien trop de sentimentalisme dans leur traitement des personnages d'enfants. Dickens en particulier dépeint des enfants angéliques, on ne peut moins réalistes en mettant dans leur bouche des paroles qui ne traverseraient probablement jamais l'esprit d'un enfant. Par exemple, dans A Christmas Carol, Bob Cratchit rapporte les paroles de Tiny Tim : "He told me, coming home, that he hoped the people saw him in the church, because he was a cripple, and it might be pleasant to them to remember upon Christmas Day who made lame beggars walk and blind men see." Peu de chance en effet, à mon avis, que ce genre de pensée traverse l'esprit d'un petit garçon. Dickens est un récidiviste dans le domaine et Oscar Wilde, critique, a écrit ironiquement à ce sujet : "one must have a heart of stone to read the death of Little Nell [un autre personnage de Dickens] without laughing."

jeudi 4 décembre 2014

Aladdin (1992)


Il était une fois
L'histoire du jeune Aladdin ne faisait pas partie du recueil original des Contes des 1001 nuits, elle fut ajoutée au 18ème siècle par le traducteur Antoine Galland. L'histoire est donc celle d'Aladdin trompé par un sorcier se faisant passer pour le frère de son défunt père afin d'obtenir une lampe. Il envoie donc Aladdin dans une caverne pour récupérer le fameux objet. Mais, quand le sorcier tente de le doubler, Aladdin reste coincé dans la caverne avec la lampe et la bague que le sorcier lui avait donné comme protection. Se frottant les mains, Aladdin libère sans s'en rendre compte le génie de l'anneau qui le ramène à sa mère. Celle-ci libère à son tour le génie de la lampe, plus puissant encore, en voulant nettoyer l'objet.
Grâce à ce génie, Aladdin gagne en richesse et puissance, épouse la fille de l'empereur et ils s'installent dans un magnifique palais construit par le génie. Mais, le sorcier n'a pas dit son dernier mot et revient s'emparer de la lampe. Il profite de l'ignorance de la femme d'Aladdin quant à la puissance de la lampe pour la lui échanger contre une plus neuve. Ainsi, le sorcier peut demander au génie de la lampe de déplacer le palais et tout ce qu'il contient chez lui au Mahgreb. Heureusement pour Aladdin, il possède toujours la bague et le génie qu'elle contient. Et si celui-ci n'est pas aussi puissant que le génie de la lampe, il peut tout de même le pouvoir d'amener Aladdin chez le sorcier où il va récupérer la lampe et vaincre le sorcier en duel avant de demander à ce que le palais retrouve sa position initiale.
Alors c'est le frère du sorcier, plus mauvais, mais aussi plus puissant, qui souhaite se venger. Il se déguise en vieille guérisseuse et se présente au palais d'Aladdin où on l'invite à rester au cas où quelqu'un tomberait malade. Prévenu par le génie de la lampe, Aladdin tue l'imposteur puis, tous vivent heureux et Aladdin devient empereur à la suite de son beau-père.

Made in Disney
Le dessin animé commence avec la présentation de la caverne aux merveilles qui contient la lampe, après tout c'est autour de cette lampe que tourne toute l'histoire ! Jafar y envoie un voleur pour lui ramener la lampe mais celui-ci est engloutit dans la caverne de sable car seul un diamant d'innocence pourra y entrer.
Dans l'histoire que nous conte les studios Disney, Aladdin est un jeune homme des rues qui vole sur les étales du marché avec l'aide de son petit singe, Abu. Mais un voleur au grand cœur qui partage son butin avec les petits orphelins. Et, de l'autre côté des murs du palais vit la princesse Jasmine que son père souhaite voir se marier avec un prince. Pour échapper à cette obligation, Jasmine s'enfuit pendant la nuit. Les deux jeunes gens se rencontrent au marché le lendemain quand Aladdin aide Jasmine à se tirer d'un mauvais pas. Pendant ce temps, au palais, Jafar découvre qu'Aladdin est le diamant d'innocence dont il a besoin pour entrer dans la caverne aux merveilles. Il envoie donc les gardes à sa poursuite qui, malgré les ordres de Jasmine, le jettent en prison.
Déguisé en vieillard, Jafar approche Aladdin dans les geôles et lui propose un marché : il le fait sortir s'il l'aide à récupérer un objet précieux dans une caverne. Les nouveaux partenaires se rendent à l'entrée de la caverne aux merveilles où Aladdin reçoit ses instructions de la gueule du tigre : il ne doit toucher qu'à la lampe. Les tentations sont nombreuses dans la caverne qui est remplie d'or et de pierres précieuses. Un tapis volant rencontré en chemin les conduit jusqu'à la lampe mais Abu commet l'erreur de s'emparer d'un rubis... et là, c'est le drame ! Tous les trésors fondent, sont dissous dans une lave en fusion et Aladdin et Abu ne s'en sortent que grâce au tapis. Mais, quand Aladdin tend la lampe à Jafar, celui-ci sort pour toute récompense un poignard. Aladdin se retrouve alors enfermé dans la caverne vide avec Abu et le tapis... et la lampe ! Quand il la frotte, un génie bleu en sort qui lui offre trois vœux, et les sort de la caverne.
Pour son premier souhait, Aladdin demande au génie de faire de lui un prince et ainsi de lui donner une chance de séduire Jasmine. Il se présente donc au palais en grand apparat sur Abu, changé en éléphant pour l'occasion. Si Jasmine est séduite, l'arrivée du prince Ali Ababua est pour Jafar comme un grain de sable dans les rouages de son plan alors il tente de se débarrasser de lui. Heureusement, Aladdin est jeté à l'eau avec la lampe et le génie lui sauve la vie, considérant qu'il s'agit là de son deuxième souhait. Jafar est démasqué, il ne pourra plus hypnotiser le sultan à ses fins mais il comprend que le prince Ali n'est autre qu'Aladdin et qu'il a toujours la lampe... Il envoie donc Iago la récupérer et, quand c'est chose faite, il ordonne au génie de faire de lui le sultan. Quand ce n'est pas suffisant, il demande à être le plus grand sorcier de l'univers. Aladdin sait qu'il ne vaincra pas par la force alors il piège Jafar en lui disant qu'il ne sera jamais aussi puissant que le génie. Alors pour son dernier vœu, Jafar demande à devenir le génie le plus puissant de la Terre. Le voilà donc esclave de sa propre lampe et Aladdin peut l'enfermer et s'en débarrasser ! Tout rentre dans l'ordre et, comme promis, Aladdin utilise son dernier souhait pour libérer le génie. Puis, le sultan propose à Jasmine de choisir l'homme qu'elle estime digne d'elle, quelque soit son statut.
Le conte des 1001 gags
Aladdin est vif, on ne s'y ennuie jamais, les personnages sont attachants et chacun trouve sa place de façon naturelle. Le jeune voleur rêveur et son petit singe bougon. La princesse prisonnière de son rang et son nounours de tigre. Le sinistre vizir Jafar à la voix doucereuse qui manipule un sultan naïf avec un perroquet au grand bec comme acolyte. Chacun a son humour et Iago en particulier a toujours une bonne répartie sous son aile !
Mais surtout... comme La Belle et la Bête a la Bête, comme Le Roi Lion a Mufasa, Aladdin a le Génie, l'un des meilleurs personnages Disney, l'un de mes préférés en tous cas ! A mes yeux, il en devient presque la star du dessin animé - il n'est pas secondaire comme peuvent l'être Abu ou Iago, il n'est pas seulement là pour exécuter les désirs d'Aladdin, il est grâce au grand cœur de celui-ci, un compagnon de premier plan. En effet, Aladdin est un personnage généreux et au lieu de traiter le Génie en esclave comme le fera Jafar, il le traite en ami, lui demandant même ce que lui souhaiterait. Et, ainsi, nous avons accès aux sentiments, aux rêves, aux désirs du Génie : il rêve d'être libre. Le Génie est un personnage à part avec "des pouvoirs cosmiques phénoménaux" dont celui de nous faire passer du rire aux larmes en quelques secondes. Dès qu'il apparaît à l'écran, il nous propose un One Man Show ! Et pourtant quand il est enfin libre, l'émotion l'emporte car Aladdin fait passer sa promesse avant ses propres besoins alors "[il] restera toujours un prince pour [lui]".



Et puis, il ne faut pas oublier non plus que le Génie est l'interprète de deux chansons cultes : "Ton Meilleur Ami" et "Prince Ali" !

dimanche 9 novembre 2014

Il était un personnage #5 : Maléfique


Il était une fois
Dans les deux versions du conte, celle de Perrault (1697) et celle des frères Grimm (1812), la fée responsable du mauvais sort pesant sur la petite princesse n'intervient qu'au début du conte. Chez Perrault elle est une fée, qui s'invite d'elle-même au baptême de la princesse aux côtés des sept fées conviées par le roi et la reine. Chez les Grimm, elle est la treizième fée, nombre de mauvais augure, que l'on a volontairement omis de convier à la cérémonie par manque de couverts en or.
Jamais la fée n'est identifiée par un nom, ou un titre quelconque - elle est la mauvaise fée, celle qui maudit la princesse. Dans le ballet de La Belle au Bois Dormant, la fée est nommée Carabosse, célèbre personnage de mauvaise marraine, vieille, laide et bossue qui devient associée au conte "La Belle au Bois Dormant". Et comme chez les Grimm elle maudit la princesse pour se venger de ne pas avoir été invitée.
 
Made in Disney
Chez Disney, la mauvaise fée devient Maléfique et est l’ambassadrice des forces du Mal, ce qui introduit le thème de la lutte entre bien et mal et est bien représentée par son domaine de la Montagne Interdite, lugubre, nue de toute végétation, habitée de pierres et de monstres grotesques.
Son rôle s'étend sur toute la durée du dessin animé. En effet, après qu'elle ait maudit Aurore, on assiste à sa quête pour retrouver l'enfant qui a été cachée par les fées. Puis, surtout, c'est elle qui finit le travail qu'elle a commencé en amenant Aurore, hypnotisée, jusqu'au fuseau. Et, enfin, elle garde Philippe captif, allant jusqu'à se transformer en dragon pour l'empêcher d'atteindre sa princesse en une scène mythique.

Sorcière 'Hot' Couture
Malgré la reprise de certains morceaux de Tchaikovsky, Disney opte pour une stratégie différente. En effet, la princesse endormie condamnée à son sommeil de mort par une vieille et méchante bonne femme, ça rappelle un peu trop Blanche Neige et les Sept Nains, sorti vingt-deux ans plus tôt. Alors, Carabosse devient Maléfique. Et, sous les traits de crayons de Marc Davis, elle est tout sauf laide et bossue ! Certes, avec ses cornes et son teint verdâtre, on ne peut la dire belle... mais on doit lui reconnaître une certaine élégance dans le look, toute en longueur, ses gestes, sa façon de se mouvoir - elle attire le regard, vole la vedette aux autres personnages, elle fascine.

D'autant plus que le scénario nous invite dans son intimité. Nous voyons chez elle doute et fragilité sur la Montagne Interdite alors qu'elle ne semble pourtant avoir de compte à rendre à personne.
Mais rien ne la fera fléchir. Maléfique est évidemment l'antithèse du personnage de le Fée Marraine comme on peut la rencontrer dans Cendrillon. Une fée maléfique, une mauvaise fée, oui mais pas seulement. Comme elle est la version maléfique de la Marraine, elle peut aussi être vue, comme la marâtre de Cendrillon, comme l'autre mère qui au lieu de vouloir le bien de l'enfant, souhaite son malheur. De plus, les traits de Maléfique, s'ils sont plus durs, sont assez proches de ceux de la mère d'Aurore, et d'Aurore elle-même d'ailleurs. Elle est le double maléfique, le côté obscur...


Le saviez-vous ?
A l'origine, le look de Maléfique était un peu différent puisque ses vêtements étaient ornés de rouge. Mais, pour coller davantage avec les fonds en majorité dans les tonalités de verts de Evyind Earle, on a changé le rouge pour le violet. Ce fut également le cas pour Ursula de La Petite Sirène. Le dessin animé dans son ensemble marque un tournant dans l'animation des studios dont les animateurs ont dû adapter leur style aux lignes géométriques de Earle.
Maléfique est devenue un personnage si emblématique que son histoire a été étoffée dans le film, Maléfique, sorti cette année avec Angelina Jolie dans le rôle titre.